Le Grand Bain : Gilles Lellouche voulait “une mixité de talent et de tons”

Après “Narco” et “Les Infidèles”, Gilles Lellouche passe une nouvelle fois derrière la caméra, mais en solo cette fois-ci. “Le Grand Bain”, présenté hors compétition à Cannes, est une dramédie qui n’est pas sans rappeler The Full Monty. Focus.

Ils sont huit, ils sont quadras, ils sont parfois maladroits, souvent dépressifs et ont décidé de noyer leur solitude dans le grand bain d’une piscine municipale. Là, dans l’environnement chloré du bassin, ces hommes pratiquent la natation synchronisée sous l’œil pas toujours exigeant de Delphine (Virginie Efira), ancienne nageuse star reconvertie en coach.

Sur le papier, le synopsis du premier film en solo de Gilles Lellouche a de quoi susciter la curiosité. Pourtant, selon son producteur Hugo Sélignac, le sujet était totalement approprié : “C’est un sujet qui ressemble à Gilles, qui exprime sa sensibilité et son besoin du groupe.”

Et le groupe justement, parlons-en: sans surprise, on retrouve dans ce long métrage quelques proches du réalisateur, à l’instar de Guillaume Canet, Mélanie Doutey ou son producteur Alain Attal rencontré sur Narco quinze ans plus tôt. Mais il y a aussi ici des nouveaux talents, des noms que l’on a pas l’habitude de voir graviter autour de Lellouche et sa troupe, dont Mathieu Amalric, Jean-Hugues Anglade, Félix Moati, Philippe Katerine…

Gilles Lellouche réunit autour de lui un casting de choix, et s’il envisage un temps d’enfiler maillot et bonnet, il préféra y renoncer : “Je ne me voyais pas les diriger en slip, je trouvais ça absurde. J’avais caressé l’idée de jouer dedans mais j’en aurais été incapable et ça aurait été une grossière erreur.” Et le réalisateur d’ajouter : “Je n’avais pas envie d’être sur tous les fronts. C’était une autre expérience, je m’y suis dédié totalement. Bizarrement, je me suis senti très à ma place et je n’aurais pas pu me dédoubler. C’était beau de les voir, de les filmer, de ne pas être juge et parti.”

Et s’il s’est senti à sa place, ce n’est pas ses comédiens qui le contrediront : “Gilles a une vision très particulière et il sait ce qu’il veut. Il a un souci du cadre, de l’esthétisme, une économie dans le découpage qui permet un certain langage qui est très fort. On est spectateur de son énergie sur le plateau” raconte Guillaume Canet.

Gilles est quelqu’un de rassurant

Philippe Katerine lui, assure que “Gilles est quelqu’un de rassurant, qui a une autorité naturelle. S’y soumettre est à la fois un honneur et un plaisir.”

Et du plaisir, il y en a eu raconte l’équipe. D’abord, des heures d’entraînement, “deux fois par semaine pendant 3h, au mois de décembre, janvier, février, d’une discipline qui exige rigueur et courage” raconte Gilles Lellouche. Et Alban Ivanov de préciser : “Ce n’est pas facile de trouver de la grâce dans le geste quand on a un corps de boulanger.”

Puis un tournage pas toujours évident, souvent “la nuit, pour avoir la piscine municipale vide. Il y avait beaucoup de bruit. Et puis aller dans l’eau à 4h du mat, remettre le maillot mouillé… C’était encore plus délicat que les cours de préparation.”

Je voulais une mixité de talent et de tons

A l’arrivée, Gilles Lellouche signe une dramédie cocasse et hybride, qui flirte du côté de The Full Monty ou Little Miss Sunshine : “Je ne suis pas parti sur une comédie, un film social ou un drame. Certains personnages étaient plus dramatiques, comme celui de Guillaume. Et d’autre plus écrits, plus naïfs, avec un écho de comédie, comme Philippe. Je voulais simplement être libre. Il y a parfois une radicalité dans le cinéma français – qui se veut drôle, social ou dramatique – que je trouve très définitive et un peu ennuyeuse, bornée. Je voulais une mixité de talent et de tons.”

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