Contes de juillet : Guillaume Brac dévoile un exercice de style solaire et inspiré [INTERVIEW]

Quelques semaines après le documentaire “L’Ile au trésor”, Guillaume Brac revient déjà avec le film “Contes de juillet”, un exercice de style sous l’inspiration d’Eric Rohmer et d’Hong Sang-soo. Rencontre avec le cinéaste.

AlloCiné : Après L’Ile au trésor sorti début juillet, on vous retrouve déjà avec Contes de juillet. Vous avez deux films qui arrivent quasiment au même moment cet été. Comment cela s’explique-t-il ?

Guillaume Brac, réalisateur : J’ai tourné d’abord, l’été 2016, Contes de juillet, qui était à l’origine un atelier qui m’avait été proposé par le Conservatoire d’art dramatique de Paris. La commande était, non pas de faire un film, mais de travailler pendant 3 semaines avec 15 ou 16 jeunes comédiens devant la caméra. C’était à un moment où j’avais vraiment envie de faire un film.

C’était fin juin – début juillet, une période qui a priori j’aime filmer. Je me suis lancé dans ce tournage en ayant très peu de temps d’écriture. J’avais juste un petit traitement. D’ailleurs, j’avais tourné, non pas deux mais trois films. Celui que nous avons tourné la première semaine, nous étions encore trop dans un cadre d’atelier. Nous n’étions pas prêts pour faire un vrai film. Ce sont les deuxièmes et troisièmes semaines qui ont donné la première et deuxième partie de Contes de juillet. En tournant, je n’étais pas persuadé qu’il y aurait un film au bout. C’était la première fois que je travaillais sans dialogue écrit, avec des comédiens qui devaient improviser beaucoup. Ces comédiens étaient très impliqués dans l’écriture des scènes.

J’avais eu envie de les amener à Cergy Pontoise pour plusieurs raisons, la première étant que c’était un lieu que je voulais filmer depuis très longtemps. C’est un lieu sur lequel j’avais envie de faire un documentaire depuis 5 ou 6 ans. C’était vraiment une idée que j’avais en tête. Je me suis dit que c’était peut être l’occasion de débroussailler ce lieu en quelque sorte, en tout cas d’y filmer des images une première fois et de me l’approprier un peu plus encore. J’ai emmené mes comédiens pendant une semaine là-bas. Il y a ensuite eu le montage de Contes de juillet et je me suis rendu compte qu’il y avait vraiment une matière très riche, très belle. J’ai décidé d’aller au bout et d’en faire un vrai film.

Puis, l’été suivant, j’ai tourné, de début juillet à septembre, L’Ile au trésor qui est un documentaire. Evidemment il approfondit considérablement ce que l’on peut voir de ce lieu dans Contes de juillet. Le documentaire est un travail de plus longue haleine. Ca a été un tournage et un montage beaucoup plus long. 

Comment avez-vous choisi ce titre de film et faut-il y voir un écho à Eric Rohmer ?

Contes de juillet, oui, le titre à une résonnance avec Eric Rohmer [qui a réalisé Conte d’été]. Au départ, quand j’ai commencé à travailler avec ces acteurs, je l’ai envisagé presque comme un exercice de style sous inspiration rohmerienne, et d’Hong Sang-soo pour la 2ème partie. Hong Sang-soo étant lui-même une sorte d’héritier de Rohmer : il a fait un film qui s’appelle Conte de cinéma.

Progressivement, ces films se sont un peu émancipés, ont pris leur autonomie par rapport à l’exercice de style, et je pense qu’ils sont devenu mes films avant d’être des exercices de style. Je trouvais ça assez juste et assez joli dans la dimension où ces deux films sont des contes moraux : il y a un parcours moral et émotionnel des personnages, avec une sorte, à chaque fois, de retournement et de leçon. Ce sont des films qui sont très inscrits dans le mois de juillet 2016, pour le meilleur et pour le pire.

Il y a quelque chose de plus concentré, plus modeste, plus petit, que Rohmer. Et c’était une façon de ne pas masquer cette influence, que j’assume. 

Travaillez-vous sur un nouveau projet ?

Cette fois-ci, ce n’est plus un atelier, c’est pensé dès le départ comme un film de long métrage, ce qui n’était pas du tout le cas pour Contes de juillet. C’est un miracle qu’il soit devenu un film, on a fait avec très peu de personnes, de manière très artisanale, nous étions une équipe de 3. C’était un pari, encouragé et soutenu par Bathysphère Production.

Pour ce nouveau projet, l’idée est d’avoir le temps d’écrire un long métrage pour des acteurs que je choisirai. (…) Tous mes films parlent de la rencontre, de la possibilité de la rencontre entre des personnages qui viennent souvent de mondes différents, Paris / la banlieue, Paris / la province…

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La bande-annonce de Contes de juillet :

Contes de juillet Bande-annonce VF

 

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