Fantastic Birthday : pleins feux sur le meilleur film australien de l’année

Passé par le Festival de Berlin, “Fantastic Birthday” vient de recevoir le prix du Meilleur film de l’année par la critique australienne. Rencontre avec la réalisatrice de cette expérience poétique surprenante, Rosemary Myers.

AlloCiné : “Fantastic Birthday” est adapté d’une pièce de théâtre. Comment avez-vous travaillé sur cette adaptation cinéma ?

Rosemary Myers : J’ai travaillé avec l’auteur Matthew Whittet et le designer Jonathon Oxlade au Windmill Theatre sur plusieurs pièces, et nous avons l’habitude d’échanger ensemble et de rebondir sur les idées des uns et des autres. La première difficulté a été de trouver des collaborateurs partageant notre vision, nos idées et notre esthétique. Nous avons rencontré le directeur de la photo Andrew Commis et le monteur Karryn de Cinque, nous avons immédiatement accroché et nous savions que ça fonctionnerait parfaitement. Dans la mesure où nous avions monté la pièce originale, nous savions également comment elle fonctionnait sur le public.

Pourquoi avoir opté pour une approche aussi visuelle pour raconter cette histoire et ce moment si particulier de la vie de votre héroïne, Greta ?

Matthew Whittet et moi étions intéressés par le conte de La Belle au Bois Dormant, et nous voulions imaginer ce qu’il advient quand elle s’endort. C’est ce qui a inspiré l’aspect fantastique et fantasque de cette histoire. Notre chef-décorateur Jonathon Oxlade a un merveilleux esprit visuel, et il adore créer des choses étonnantes -comme les créatures de la forêt- et laisser aller son imagination. Cela nous a également permis d’asseoir une vraie approche cinématographique à ce récit.

Justement, parlez-nous de la palettes de couleurs, des décors, des costumes… Quelle était votre approche ?

Jonathon, Andrew et moi avons énormément travaillé sur la pré-production, en créeant des concepts visuels inspirés des photographies des années 70 et en testant certains décors pour définir ce qui marchait et ce qui ne fonctionnait pas. Comme nous venons tu théâtre, nous aimons faire ressortir certains éléments et les éloigner du naturalisme, afin de proposer une histoire viscérale et immersive. Nous pensions que cette approche vis à vis du monde réel était fidèle à ce que traverse le personnage, donc c’était important de la conserver pour le film.

En parlant des costumes… vous semblez fascinée par les shorts kitsch et moches !

Mais c’est ce que les Australiens portaient dans les années 70 ! Les shorts étaient vraiment courts comme dans notre film. C’est une sorte d’uniforme emblématique des années 70. Ils n’étaient pas considérés comme laids à l’époque, ils étaient même sexy !

Le film est très riche et très surprenant au niveau visuel. Quelles sont vos influences. On retrouve un peu de Wes Anderson, Sofia Coppola, Spike Jonze, Jean-Pierre Jeunet, Tim Burton, l’animation japonaise…

Tous ces noms nous ont influencés d’une manière ou d’une autre. On pourrait également citer David Lynch et Hal Hartley. Tous ces cinéastes ont une approche très stylisée, quasi-théâtrale. Après, les années 70 ont été une grande inspiration aussi, à travers les costumes, les couleurs, la lumière, le format d’image…

Parlez-nous de vos comédiens, Bethany Whitmore et Harrison Feldman. Comment les avez-vous découverts et comment avez-vous travaillé avec eux ?

Nous avons vu beaucoup d’acteurs durant la phase d’auditions, mais Bethany et Harrison ont été nos favoris dès le début. Ils sont très professionnels et ont parfaitement su travailler ensemble. C’était très intéressant de croiser des jeunes comédiens prêts à prendre des risques et à sortir de leur zone de confort. Ils sont très doués et très drôles.

Quel était leur sentiment vis à vis des années 70, une période durant laquelle les relations entre adolescents et adultes, entre filles et garçons étaient différentes ?

Ils ont adoré ! Ils ont eu l’impression de voyager dans le temps. Bethany adore la mode des années 70. Et il faut aussi rappeler que les années 70 ont été une époque marquante pour le féminisme et les opportunités d’émancipation pour les femmes. L’approche culture était plus naïve aussi, dans la mesure où l’accès à l’information n’était pas aussi simple et global qu’il peut l’être aujourd’hui.

Quels souvenirs gardez-vous des séquences de danse, très réussies par ailleurs ?

Etre sur un plateau avec autant d’ados, c’était comme faire une énorme fête. Le jeune homme au costume violet est mon fils, donc ça a rendu la scène encore plus spéciale pour moi.

“Fantastic Birthday” est censé être le dernier chapitre d’une trilogie sur l’adolescence. Avez-vous prévu de tourner les deux autres volets ? De quoi parlent-ils ?

La première pièce, Fugitive, était une version manga de Robin des Bois. La deuxième, School Dance, était un récit d’apprentissage centré sur trois ados inscrits en école de danse. Nous commençons justement à travailler sur notre second long métrage, et nous espérons que ce sera une adaptation de School Dance.

Le film a fait le tour des festivals : comment avez-vous vécu cette expérience ? La réception évolue t-elle en fonction des pays, des publics et des cultures ?

Les retours ont vraiment été incroyables. Des gens de tous âges ont été touchés par ce film, et en tant que raconteurs d’histoires et artistes, c’est la plus belle chose qui soit. Nous avons adoré notre passage au Festival de Berlin. C’était la toute première fois que nous présentions le film à l’international, et c’était vraiment un grand frisson. Nous avons passé deux semaines incroyables là-bas.

Quel est votre prochain projet ?

Une année chargée nous attend au Windmill Theatre. L’une de nos pièces pour enfants, Grug and the Rainbow, est en tournée aux Etats-Unis et en Australie. Et nous travaillons au développement d’une nouvelle pièce. Nous développons également un nouveau film donc. Nous aimerions y injecter tout ce que nous avons pu apprendre en tournant Fantastic Birthday.

Fantastic Birthday, au cinéma le 22 mars

Fantastic birthday EXTRAIT VO "Danse"

 

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