VIDEO. Retrait des troupes américaines en Syrie : “Les Occidentaux n’ont plus le monopole de la puissance dans le monde”

“C’est épouvantable pour les Kurdes, qui ont été formidablement courageux dans la lutte contre Daech”, a réagi l’ex-ministre des Affaires Etrangères, Hubert Védrine, mercredi 26 décembre sur France Inter, alors que les troupes américaines vont se retirer de Syrie.Des “intérêts” déplacés en Asie“Les Occidentaux n’ont plus le monopole de la puissance dans le monde et tout le monde n’en a pas encore tiré toutes les conséquences. Il y a une sorte de lassitude dans les opinions publiques européennes et américaine par rapport aux interventions des trente dernières années, dont certaines n’ont pas atteint les résultats annoncés ou ont même mal tourné, a poursuivi l’ex-ministre du gouvernement de Lionel Jospin, de 1997 à 2002. “Depuis la fin de l’URSS, il y a eu de nombreuses interventions occidentales et on ne peut pas dire que ce soit très soutenu”, a-t-il ajouté.

Un élément plus spécifiquement américain, et qui avait commencé sous Obama, c’est que la mission et l’avenir des Etats-Unis n’est pas d’intervenir partout, tout le temps, mais que les intérêts stratégiques sont à long terme plutôt en Asie.Hubert Védrine, ex-ministre des Affaires étrangèresà France Inter

“C’est le ‘pivot’, la bascule vers le Pacifique”, a résumé Hubert Védrine.”Un sentiment d’impuissance”“La méthode de Trump est effrayante, unilatérale, brutale. Il met tout le monde devant le fait accompli, ce n’est pas totalement surprenant”, a ajouté l’ancien ministre, estimant la situation “épouvantable” pour les Kurdes. Hubert Védrine qualifie de “cadeau à la Turquie”, la décision du président américain. “C’est une sorte de renforcement paradoxal de régimes que l’Occident croit être en train de combattre. Pour une partie de l’opinion, ça conduit à un sentiment d’impuissance. Cela souligne l’autonomie stratégique, dont reparle beaucoup le président Macron, et à raison, car c’est un objectif déterminant”, a-t-il ajouté.“L’échec des Français et des Américains dans l’affaire syrienne laisse le champ libre à la Russie, qui a empêché la chute finale du régime de Damas, aux Iraniens, qui poussent leurs pions dans toute la région, ainsi qu’aux Turcs”, a-t-il insisté. “La seule espérance, c’est que la Russie soit assez embarrassée d’être coincée dans cette affaire, avec les Iraniens, et recherche un appui”, a conclu Hubert Védrine. 

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