Greffe de rein : la HAS veut lutter contre les inégalités d'accès

La greffe de rein est le meilleur traitement en cas d’insuffisance rénale terminale. Mais l’accès à la liste d’attente pour accéder à un greffon souffre d’importantes inégalités régionales. A la demande du ministère de la Santé, la Haute Autorité de Santé publie aujourd’hui des recommandations pour uniformiser ces pratiques et ainsi réduire ces inégalités.

Au dernier stade de l'insuffisance rénale, le patient nécessite une greffe de rein ou une dialyse. 

La liste d’attente nationale de greffe rénale compte 12.000 personnes inscrites alors que seulement 3.000 greffes sont réalisées chaque année. Si les règles de répartition des greffons est régie par la loi, l’accès à la liste d’attente pour en bénéficier est laissé à l’appréciation des équipes médicales. Ce qui n’est pas sans créer de réelles inégalités. Selon la Haute Autorité de Santé (HAS), au moins 1 800 personnes non inscrites pourraient y accéder.La greffe de de rein plus efficace que la dialyseL’

insuffisance rénale chronique est une maladie qui évolue en 5 stades de sévérité croissante. Au dernier stade, le rein n’assure plus ses fonctions et le patient nécessite une

greffe d’un rein ou une

dialyse. En France, 33 700 personnes ont reçu une greffe de rein et 42 500 sont dialysées.On sait que la greffe d’un rein offre une

meilleure efficacité, une meilleure espérance de vie et une meilleure qualité de vie par rapport à la dialyse. Mais elle est limitée à cause du manque de greffons disponibles. On compte ainsi 12 000 personnes inscrites sur la liste d’attente nationale de greffe rénale.D’importantes inégalité d’accès à la greffe rénaleAujourd’hui, la réglementation définit les règles de répartition des greffons issus de personnes décédées, mais pas celles concernant l’inscription sur la liste d’attente. Selon la Haute Autorité de Santé, les délais d’inscription varient ainsi fortement selon les régions (délai médian entre 0 et 10 mois). Certains patients se voient refuser l’inscription en raison d’un âge supérieur à 70 ans, de comorbidités particulières telles que le diabète ou l’obésité ; autant de particularités qui ne peuvent pourtant à elles seules justifier un tel refus. On constate également que les femmes sont aussi sous-représentées sur la liste d’attente : une femme a en effet 30 % de chance en moins d’être inscrite qu’un homme, à âge, maladies associées et statut professionnel égaux. La HAS estime qu’au moins 1 800 patients non-inscrits aujourd’hui pourraient être en perte de chance.

Face à ce constat et suite à la demande du ministère de la Santé, la HAS a élaboré des recommandations afin de définir les critères d’accès à la liste d’attente. Le but est de réduire les inégalités régionales et d’augmenter la transparence dans l’accès à la greffe.Comment assurer un accès plus équitable à la liste d’attente ?Les recommandations de la HAS identifient plusieurs actions prioritaires à mettre en place :

  • Augmenter les inscriptions anticipées sur la liste, c’est-à-dire avant la mise en place d’une dialyse, afin d’augmenter les chances d’obtenir une greffe mais aussi les chances de réussite de la greffe ;
  • Réduire les délais en mettant en place un système de suivi des patients et en optimisant chaque étape de l’accès à la liste (information du patient, orientation vers le bilan de santé prétransplantation, début et fin de bilan, décision d’inscription ou de non-inscription) afin d’éviter que l’état de santé du patient s’aggrave ;
  • Réduire les inégalités d’accès par le suivi des indications et contre-indications déterminées par la HAS, en collaboration étroite avec les professionnels et les patients concernés, et en étant vigilants aux déterminants sociaux (âge, genre, niveau d’éducation, précarité) qui peuvent avoir un impact sur le parcours d’accès à la liste d’attente ;
  • Repérer les patients qui auraient pu être inscrits sur la liste mais qui n’ont pas été identifiés : notamment les patients qui sont dialysés en urgence (30 % des patients dialysés) qui n’ont pas pu anticiper avec un néphrologue le choix d’un traitement de suppléance avant d’atteindre le stade 5 ;
  • S’assurer que le patient est un acteur dans le choix de son inscription sur la liste car près d’un sur deux exprime explicitement ne pas avoir eu le choix ou ne pas avoir eu connaissance des différentes alternatives.

10 contre-indications à la greffePar ailleurs, la HAS a identifié 10 contre-indications à la greffe : le refus du patient, un âge supérieur à 85 ans, un cancer ou une hémopathie maligne non en rémission, des comorbidités cardiovasculaires sévères, des comorbidités respiratoires sévères, des troubles psychiatriques aigus non stabilisés ou chroniques non suivis, une dépendance à l’alcool ou une addiction aux drogues dures sans projet de sevrage, une démence avérée évoluée, une obésité avec un

indice de masse corporelle (

IMC) supérieur à 50 kg/m2 (au-delà de l’obésité morbide), une décision de ne pas engager un traitement de suppléance.Si plusieurs maladies (diabète, infarctus du myocarde, maladie vasculaire périphérique,…) ou des facteurs de risque de complication post-transplantation (technique chirurgicale, antécédent de transplantation rénale ou d’autre organe, infection chronique,…) sont présents, la HAS invite les néphrologues à échanger au cas par cas avec l’équipe de transplantation.  L’an dernier, 4.695 personnes ont été inscrites sur la liste d’attente. Le temps d’attente pour l’obtention d’un greffon est très variable: 31% des patients sont greffés dans la première année, 39% entre un et trois ans et 15% après cinq ans.David BêmeSource : Communiqué de la HAS – 2 décembre 2015Click Here: cheap all stars rugby jersey

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