Ataxie de Friedreich : la thérapie génique offre un espoir de traitement

L’ataxie de Friedreich, une maladie neurodégénérative rare qui engage le pronostic vital chez nombre de patients avant l’âge de 35 ans, pourrait, dans un avenir proche, voir son pronostic totalement bouleversé, grâce à une thérapie génique qui a fait preuve d’une efficacité remarquable sur des rongeurs.

La thérapie génique au secours des atteintes cardiaques dans l'ataxie de Friedreich.

Maladie héréditaire rare et grave, l’

ataxie de Friedreich se manifeste le plus souvent à l’adolescence par des troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements volontaires des jambes et des bras (ataxie) ; l’évolution est très péjorative, avec pour perspective à 10 ou 20 ans le fauteuil roulant, et le décès à moins de 35 ans pour 60 % des personnes atteintes. La mort est généralement consécutive à des complications cardiaques, le cœur étant avec le système nerveux le tissu le plus touché dans cette maladie.Cette maladie orpheline, contre laquelle il n’existe pour l’heure aucun traitement, correspond à un déficit énergétique engendré par une mutation dans le gène FXN ; cette

anomalie génétique provoque une réduction considérable de la production de la protéine “frataxine“, avec pour conséquence une perturbation de l’activité de la mitochondrie, élément-clé dans la production d’énergie.Pour s’attaquer à cette maladie, les équipes d’Hélène Puccio (Insemr/CNRS/Université de Strasbourg) et de Patrick Aubourg (Inserm, professeur de neuropédiatrie à l’hôpital Bicêtre-Paris Sud) ont fait appel à la

thérapie génique ; ils ont pour cela eu recours au virus adéno-associé (AAV), connu pour cibler et faire exprimer avec efficacité un gène thérapeutique dans les cellules cardiaques, qu’ils ont inactivé “tout en gardant sa capacité d’introduire une copie normale du gène déficient FXN dans les cellules du cœur et d’y faire ainsi exprimer la frataxine normale“, peut-on lire dans le communiqué de presse.Testé sur un modèle murin, le traitement s’est avéré d’une efficacité remarquable : une seule injection intraveineuse a ainsi empêché le développement de l’atteinte cardiaque et surtout “un rétablissement complet et rapide du cœur d’animaux à un stade avancé de la maladie cardiaque“. En seulement trois semaines de traitement, le cœur des souris malades était redevenu similaire à celui des rongeurs témoins non atteints.“C’est la première fois qu’une thérapie génique permet une rémission complète, durable et aussi rapide d’une maladie cardiaque dans un modèle animal“, s’enthousiasme Hélène Puccio.A présent, avec l’équipe de Patrick Aubourg, elle va évaluer l’efficacité de cette approche sur les atteintes de la moelle épinière et du cervelet.Les chercheurs vont aussi et surtout développer le traitement pour le proposer à des patients atteints de l’ataxie de Freidreich et présentant une cardiomyopathie évolutive. Ils ont pour cela créé une entreprise, AAVLife, pour entreprendre des essais cliniques chez l’homme.Amélie Pelletier
Sources :
– Communiqué de presse de l’Inserm, du CNRS et de l’Université de Strasbourg, 7 avril 2014.
– “Systemic delivery of AAVrh10 expressing frataxin corrects the severe mitochondrial cardiomyopathy of frataxin deficient mice“, Nature Medicine 6 avril 2014.

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