L'Académie de médecine appelle aux dons post-mortem de cerveaux

L’Académie nationale de médecine appelle aux dons post-mortem de cerveaux, dont la pénurie est préjudiciable pour la recherche, notamment sur les maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer.

La recherche manque de cerveaux, les Français appelés à faire un don post-mortem.

Cette pénurie de cerveaux est induite par l’abandon de l’autopsie scientifique, rappelle l’Académie de médecine dans un communiqué¹. En 2011, seuls 0,11 % des décès ont fait l’objet de cet examen.Le don de cerveau, indispensable à la rechercheOr si la recherche en neurologie progresse, c’est grâce aux dons post-mortem de cerveaux. Comme l’explique l’

ARSEP² sur son site, “une des voies importantes d’investigation consiste à comparer le tissu humain normal et pathologique. Cette étude, essentielle, est effectuée sur des échantillons post-mortem. C’est pour permettre l’accès de ces prélèvements aux chercheurs qu’a été créé le “don de cerveau post-mortem“.“ C’est en effet grâce à l’autopsie de cerveau que les scientifiques ont pu montrer que la

maladie d’Alzheimer ne représente qu’une partie des

démences dégénératives, et que certaines des lésions qui caractérisent plusieurs démences dégénératives surviennent dès l’enfance ou l’adolescence, souligne l’Académie.Indispensable à la recherche, le don de cerveau est donc plus que jamais nécessaire, alors que les

maladies neurodégénératives sont amenées à progresser parallèlement au vieillissement de la population.Élargir l’autorisation de don d’organes à celle de don de cerveau
L’Académie de médecine lance donc un appel aux dons de cerveaux et recommande :
– de porter à la connaissance du médecin traitant le nom de la personne de confiance, seule décisionnaire après le décès du patient, et de noter ses coordonnées lors de chaque hospitalisation ;
–  d’élargir l’autorisation de don d’organe post-mortem en vue d’une greffe au don de cerveau pour la recherche ;
–  de poursuivre le développement des centres de ressources biologiques (neurothèques, tumorothèques, centres de maladies rares, etc.) pour permettre la conservation et l’exploitation des dons post-mortem.Elle rappelle que le prélèvement de cerveau pour la recherche et le

prélèvement d’organes pour la greffe ne sont pas réalisés par les mêmes équipes. Les besoins de la recherche portent non seulement sur des cerveaux malades mais aussi sur des cerveaux sains, qui servent de témoins.Faire don de son cerveau : comment faire en pratique ?Pour faire part de votre intention de donner votre cerveau après votre décès, il vous suffit de contacter le réseau de don du cerveau post-mortem pour la recherche (GIE Neuro-CEB) à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris*. Vous recevrez un formulaire d’autorisation de prélèvement que vous pourrez remplir à l’aide de votre médecin traitant ou de votre neurologue, puis un dossier complet comprenant une carte de donneur. De son côté, votre médecin traitant sera contacté pour compléter votre dossier médical ; ces informations seront couvertes par le secret professionnel.Le prélèvement doit être réalisé dans les 24 heures suivant le décès ; c’est un neuropathologiste qui effectue le prélèvement, avant de restituer le corps à la famille pour les funérailles. Le neuropathologiste n’utilise qu’une moitié du prélèvement pour décrire les lésions cérébrales et porter le diagnostic de la maladie, l’autre moitié étant échantillonnée à des fins de recherche. Ni le coût du prélèvement (~1 000 €) ni celui du transport du corps (entre 600 et 1 200 €) ne sont à la charge des familles.Plus de 400 hémi-encéphales ont été collectés par le GIE Neuro-CEB et 1 700 personnes ont donné leur consentement ; une cinquantaine de projets de recherche ont pu être menés et une vingtaine d’études scientifiques ont été publiées.Amélie Pelletier
Sources : 
1. Dossier de presse de l’Académie nationale de médecine, 22 janvier 2014.
2. Site de la Fondation pour l’aide à la recherche sur la sclérose en plaques (

ARSEP).*Pour toute information, contacter la coordinatrice du réseau Marie-Claire Artaud-Botté : 01 42 17 74 19 ou par mail : 

marie-claire.artaud@neuroceb.orgClick Here: Fjallraven Kanken Art Spring Landscape Backpacks

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