Les dérives alcooliques prévisibles dès la maternelle ?

Une étude américaine affirme que certains traits de personnalité chez les jeunes enfants peuvent prédisposer à des dérives alcooliques à l’adolescence. Des facteurs de risque qui ne doivent pas servir à stigmatiser, mais au contraire à permettre une meilleure prévention.

Une étude américaine affirme que certains traits de personnalité chez les jeunes enfants peuvent prédisposer à l'alcoolisme.

Des psychologues américains ont cherché à savoir si certains traits de

personnalité des enfants (0 à 5 ans) pouvaient prédisposer à la consommation d’alcool à l’adolescence. Il ressort de cette étude qu’une corrélation peut être établie entre certains caractères dans le tout jeune âge et la possibilité de dérive alcoolique future.Le professeur Danielle Dick et son équipe de l’université Virginia Commonwealth aux États-Unis ont utilisé des données statistiques britanniques concernant des enfants nés entre avril 1991 et décembre 1992. Ils ont noté les tempéraments de ces enfants à six mois, puis tous les ans jusqu’à la sixième année. Les chercheurs ont ensuite enregistré la consommation et les

problèmes d’alcool à l’âge de 15 ans et demi. En tout, plus de 6000 garçons et 6000 filles ont ainsi été étudiés.Il en ressort que certains traits de caractère sont plus souvent liés avec la consommation d’alcool à l’adolescence. Ces traits sont d’un côté l’instabilité émotionnelle et la faible sociabilité, et de l’autre l’extraversion très poussée. Soit deux extrêmes. Ces deux voies très différentes sont “les mêmes que pour les populations à risque pour les

comportements toxicomanes“, affirme le Pr Michel Reynaud, chef du service Addictologie à l’Hôpital Paul-Brousse de Villejuif. Selon le spécialiste, cette étude est donc “tout à fait sérieuse et intéressante“ pour les professionnels. “De précédentes travaux avaient déjà évalué des facteurs de risque génétiques et environnementaux et la consommation d’alcool. Celle-ci se penche sur des sujets très jeunes et c’est là une nouveauté“.Le Pr Reynaud précise qu’il “s’agit bien évidemment uniquement de facteurs de risques et non pas d’un déterminisme absolu.“ Le chef de service insiste sur le fait que ces données sont “purement statistiques“. “Elles sont même assez simples et un peu grossières. Cela mériterait de s’y pencher davantage pour voir quelles adaptations pourraient être mises en place dans la prise en charge de la dérive alcoolique.“Loin de craindre une stigmatisation possible de certains enfants, qui “détruirait le travail et les résultats d’une étude utile“, le Pr Michel Reynaud voit dans ces résultats la possibilité d’une “meilleure prévention“ des problèmes alcooliques chez certains jeunes et la “possibilité pour les parents d’adapter leur vigilance en fonction“.Violaine Badie
Sources :
1- Danielle M. Dick, Fazil Aliev, Shawn J. Latendresse, Matt Hickman, Jon Heron, John Macleod, Carol Joinson, Barbara Maughan, Glyn Lewis, Kenneth S. Kendler : “Adolescent alcohol use is predicted by childhood temperament factors before age 5, with mediation through personality and peers”, étude publiée dans le journal Alcoholism: clinical and experimental research, 10 juillet 2013 (

abstract en ligne)
2- Interview du Pr Michel Reynaud, 16 juillet 2013Click Here: United Kingdom Rugby Jerseys

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