15ème Marche des Trans : "Halte à la transphobie d'Etat !"

L’EXISTRANS organise le 1er octobre à Paris une nouvelle Marche des Trans’ et de ceux et celles qui les soutiennent. Le fil rouge cette année : la dénonciation de la “transphobie d’Etat“. Les associations dénoncent notamment le passage obligé par la psychiatrie, une stérilisation forcée et l’expulsion des réfugiés transgenres étrangers.

 Une dépsychiatrisation accordée, mais insuffisante 
La transsexualité a été déclassifiée le 8 février 2010 de la liste des Affections de Longue Durée (ALD) psychiatriques, par un

décret paru au Journal Officiel. Une décision logique : comme la personne transsexuelle se sent du sexe opposé à son sexe physique, la prise en charge va être autant, sinon plus, médico-chirurgicale (correction physique) que psychologique (accompagnement pendant ces transformations).
Pourtant,

le collectif inter-associatif EXISTRANS souligne que l’Etat les “oblige toujours à passer par des psychiatres qui se donnent le droit d’accorder ou non l’accès aux hormones, à la chirurgie, etc.“. De plus, les psychiatres ne savent pas gérer le problème du

VIH chez les trans…
EXISTRANS revendique donc une “dépathologisation des identités trans“. 

 La stérilisation obligatoire pour obtenir des papiers ! 

EXISTRANS s’indigne de la nécessité d’en passer par une “stérilisation forcée“ pour pouvoir obtenir des papiers d’identité correspondant au sexe apparent. Cette “violation de leurs corps“ prive les personnes transsexuelles de leur vie privée, de leur droit à la parentalité, de leur droit à disposer librement de leur corps, insiste le collectif.
Pourtant, les tribunaux ne sont pas tenus d’exiger une telle stérilisation pour émettre des papiers correspondant au genre choisi par la personne transsexuelle,

comme l’a confirmé le ministère de la justice en mars 2010  : “L’opération de réassignation sexuelle ne doit pas être systématiquement exigée dès lors que le demandeur apporte la preuve qu’il a suivi des traitements médico-chirurgicaux (hormonothérapie, chirurgie plastique…) ayant pour effet de rendre irréversible le changement de sexe et de lui conférer une apparence physique et un comportement social correspondant au sexe qu’il revendique“.
Mais en pratique l’opération semble toujours exigée, ce que dénoncent les associations. Elles soulignent à quel point les transsexuels français sont précarisés, puisque évidemment de nombreux transsexuels refusent de se faire stériliser et ne peuvent donc obtenir des papiers conformes à leur apparence. Cela pose des problèmes pour obtenir un emploi, un logement, un hébergement d’urgence, etc. 10 revendications pour la 15ème Marche 
Outre ces problèmes lourds, les personnes trans sont confrontées à d’autres difficultés. Voici les 10 revendications d’EXISTRANS qui seront portées le 1er octobre :
– la dépathologisation des transidentités,
– la reconnaissance de l’auto-diagnostic et la dépsychiatrisation réelle des parcours,
– la suppression des stérilisations obligatoires des personnes trans ainsi que des expertises médicales, pour leur changement d’état civil,
– un changement d’état-civil facilité, libre et sans condition,
– le respect du libre-choix du médecin et le remboursement des soins,
– la possibilité de parcours hors-Centre(s) de référence, en France et à l’étranger,
– l’absence de critères d’admission pour entrer dans ce(s) Centre(s),
– un parcours de soins facilité, sans «test de vie réelle» préconisé dans les standards de soins,
– l’ouverture d’un droit de séjour et d’un droit d’asile pour les personnes trans étrangères, qui fuient des pays encore pus hostiles à leurs identités ou n’ont pas accès aux médicaments
– la reconnaissance de la transphobie comme discrimination et facteur de précarisation des personnes trans (école, formation, emploi, etc.). 
Discriminations, harcèlement administratif, psychiatrisation persistante, expulsions des trans étrangers sous prétexte que les médicaments existent dans leurs pays alors qu’ils sont en pratique inaccessibles (cf. notre article

“L’Etat enterre le droit au séjour pour soins“)…. Autant de discriminations qui caractérisent une “transphobie d’Etat“ que dénoncent ces associations.
Jean-Philippe Rivière
Sources :
– Communiqué d’EXISTRANS, septembre 2011, accessible

sur le blog d’EXISTRANS
– “Décret n° 2010-125 du 8 février 2010 portant modification de l’annexe figurant à l’article D.322-1 du code de la sécurité sociale relative aux critères médicaux utilisés pour la définition de l’affection de longue durée ‘affections psychiatriques de longue durée’“,

accessible en ligne
– “Reconnaissance du changement de sexuation pour les personnes transgenres“, Journal Officiel du Sénat, mars 2010,

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