Après un cancer pédiatrique, un suivi est indispensable sur le long terme

Les personnes ayant survécu à un cancer pendant l’enfance ont un risque accru de développer un second cancer et sont exposées à une surmortalité qui persiste au moins 45 ans après le diagnostic de premier cancer, selon deux études publiées à une semaine d’intervalle dans deux revues de référence, le Journal of the American Medical Association (JAMA) et le Journal of the National Cancer Institute (JNCI).

En France, selon des données de l’Institut de Veille sanitaire datant de juillet 2005, 1 460 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués chaque année chez des enfants. Soit un enfant sur 500 ! Un chiffre qui fait frémir… Dans les pays occidentaux, les progrès médicaux permettent de guérir 70 à 80 % d’entre eux. Pour autant, la mortalité des enfants guéris reste plus élevé que celui de la population générale pendant de nombreuses années, au-delà de la période de survie initiale de 5 ans. Restait à savoir pendant combien d’années perdure un tel “sur-risque“.Pour le découvrir, des chercheurs britanniques ont examiné les données d’une cohorte de près de 18 000 enfants âgés de moins de 15 ans lorsqu’un diagnostic de cancer leur a été porté, et qui avaient survécu au moins 5 ans à leur maladie. Dans cette population, le nombre de décès était 11 fois supérieur à celui attendu dans la population générale. Malgré une diminution avec le temps, cet excès de mortalité restait 3 fois supérieur à la normale 45 ans après le diagnostic initial.L’analyse des causes de décès montre qu’aux récidives, fortement responsables de ces décès dans les 5 à 14 ans qui suivent un diagnostic, succèdent les maladies cardiovasculaires et les seconds cancers, en grande partie attribuables aux traitements du premier cancer (

chimiothérapie et

radiothérapie).La seconde étude a justement examiné, au sein d’une cohorte de plus de 14 000 patients ayant survécu plus de 5 ans à un premier

cancer pédiatrique, l’incidence et le risque de survenue d’un second cancer plusieurs années après le diagnostic. Il apparaît très nettement que l’excès de risque de second cancer augmente avec l’âge, et ce jusqu’à au moins 30 ans après le premier cancer. Certains cancers exposent à un risque plus élevé de néoplasie, comme le

lymphome de Hodgkin ou le

sarcome d’Ewing. De plus, cet excès de risque dépend à la fois de l’âge du diagnostic initial et du sexe : un

méningiome, une tumeur maligne du système nerveux central, un sarcome ou un

cancer de la thyroïde surviennent plus volontiers chez des patients, qui avaient moins de 10 ans lorsqu’un premier diagnostic de cancer a été posé, tandis que les femmes sont plus enclines à développer une fois adulte un

cancer du sein ou de la thyroïde.Tout comme dans l’étude précédente, les auteurs estiment qu’une partie de ces cancers est attribuable aux traitements initiaux. Ils considèrent donc qu’un suivi à très long terme est indispensable pour les patients atteints d’un cancer pendant leur enfance pour qu’une fois adultes, ils soient plus que les autres sensibilisés à l’intérêt des dépistages réguliers.Amélie PelletierSources :– Subsequent Neoplasms in 5-Year Survivors of Childhood Cancer: The Childhood Cancer Survivor Study, JNCI 2010 vol. 102(14) : p. 1083-1095

(Résumé accessible en ligne)- Long-term Cause-Specific Mortality Among Survivors of Childhood Cancer, JAMA 2010 ; vol. 304(2) : p. 172-179

(Résumé accessible en ligne)- BEH n°32/2005 (

téléchargeable sur le site de l’InVS)Click Here: cheap sydney roosters jersey

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