Moins de sel, moins de décès d'origine cardiovasculaire

Une consommation trop importante de sel favorise les risques de maladies cardiovasculaires. Selon des chercheurs américains, une diminution de 3 g de l’apport quotidien en sel se traduirait aux Etats-Unis par une réduction de 60 000 à 120 000 cas de maladies cardiaques et de 54 000 à 100 000 crises cardiaques. Des chiffres qui pourraient amener les gouvernements à légiférer sur la teneur en sel des aliments préparés.

Une surconsommation de sel provoque généralement une augmentation de la pression artérielle qui peut entraîner à terme divers

problèmes cardiovasculaires (

attaque et maladies cardiaques et

accident vasculaire cérébral). L’équipe de Kirsten Bibbins-Domingo de l’université de San Francisco (Californie) a pu estimer, grâce à une simulation informatique basée sur les données récentes, les effets d’une réduction de la consommation de sel sur la totalité de la population américaine âgée de 35 à 85 ans1.Selon leurs résultats, une réduction de 3 grammes (1 200 mg de sodium) de la consommation quotidienne de sel pourrait éviter chaque année aux Etats-Unis : 60 000 à 120 000 maladies cardiaques (900 000 morts annuelles aux Etats-Unis), 32 000 à 66 000 attaques vasculaires cérébrales (sur les 795 000 annuelles) et 54 000 à 100 000 crises cardiaques (sachant qu’en 2005, 445 687 Américains en sont morts)2. Les auteurs de l’étude estiment même que cette réduction de 3 grammes aurait “approximativement“ le même effet qu’une baisse de 50 % de la consommation de tabac dans la lutte contre les accidents cardiaques. Ils jugent même que “cela allègerait de 10 à 24 milliards de dollars le budget annuel dédié aux soins de santé aux Etats-Unis“.
Selon la la société européenne de cardiologie (ESC), la consommation de sel varie fortement d’un pays à l’autre. Par exemple, Les Britanniques en consomment environ 8,6 grammes par jour, et les Croates 12 grammes ! Selon l’Agence française de Sécurité Sanitaire des Aliments (Afssa), les Français en consomment entre 8 et 10 grammes par jour. L’agence recommande de réduire son apport pour se situer aux environs de 6 à 8 grammes3.
Les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé conseille de consommer 5 grammes de sel par jour, soit environ une cuillère à café. Le souci, c’est que 75 % du sel que nous ingurgitons vient des aliments déjà préparés. Pour l’ESC, ce phénomène souligne le besoin de légiférer.Une semaine mondiale de sensibilisation au sel, organisée par World Action Salt Health (WASH) aura lieu du 1er au 7 février. Le but ? Montrer à quel point une volonté politique dans ce domaine serait utile. Le groupe prend en exemple le succès de Consensus Action on Salt and Health (CASH), lancé en 1996 au Royaume-Uni pour encourager les compagnies agro-alimentaires à réduire les teneurs en sel de leurs aliments. Depuis le début de cette politique, les Anglais ont vu leur consommation de sel baisser de 9,5 à 8,6 grammes par jour.En France, l’Afssa recommandait en 2002 une baisse de la consommation de sel de 20 % sur 5 ans, afin d’atteindre une moyenne de 8 g/jour. Mais depuis, peu de choses semblent avoir changé… On compte pourtant 50 000 décès d’origine cardiovasculaires.4 Ioanna Schimizzi
Sources :
1 – Bibbins-Domingo K, Glenn CC, Coxson PG et al. Projected Effect of Dietary Salt Reductions on Future Cardiovascular Disease. New Engl J Med. 2010. Published on-line January 20.(

étude accessible en ligne)2 –

Heart Disease and Stroke Statistics – 2009 Update3 –

Rapport sel : évaluation et recommandations, Afssa, 2002. 4 –

Ensemble améliorons la prise en charge de l’infarctus du myocarde, HAS, 2009.Click Here: Golf special

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *